Histoire

L’église a été construite à une période indéterminée du Moyen-Age. On trouve trace de son existence vers 1080, lors de sa vente à l’abbaye Saint-Serge d’Angers. Seules quelques parties des murs latéraux semblent être d’origine.

Les affrontements entre catholiques et protestants lui font subir quelques dommages à la fin du XVIème siècle.

Le rétable, avec colonnes et statues, est édifié au XVIIIème siècle. Le clocher achevé en 1765 vient se juxtaposer au corps principal constitué d’un chœur et d’une nef unique avec allée centrale. L’ensemble est lambrissé et éclairé par sept fenêtres et vitraux restaurés en 1931. L’un d’eux, datant du XVIIème siècle, est classé à l’inventaire des objets mobiliers. L’église va connaître des rénovations en 1852 et en 1931. L’épitaphe de Louis Auguste Jean Hillerin y est recueillie.

L’horloge installée en 1931 dans le jubée est restaurée en 1952.
Elle sonne les quarts sur quatre cloches et les heures sur la plus grosse, rythmant ainsi la vie des villageois.

 

 Source : Nadine Billot-Courjault

Les dysfonctionnements de l’horloge de l’église.

L’horloge de l’église Saint-Pierre de Rablay est une pièce de musée en même temps qu’une oeuvre d’art. L’horloge n’est pas très ancienne (1931 et restaurée en 1952) mais sa conception, au fonctionnement entièrement mécanique, est un bijou. Son mouvement est provoqué et entretenu par un balancier en acier.

La particularité de ce balancier est la dilatation due à la chaleur ambiante. Sa longueur varie de quelques millimètres entre les jours les plus chauds de l’été et les jours les plus froids de l’hiver. Ces petites différences sont suffisantes pour jouer sur l’ampleur de mouvement de balancier et perturber le comptage. La pendule prend de l’avance lorsqu’il fait chaud et du retard lorsqu’il fait froid. Nous devons corriger manuellement ces variations. Mais plus « amusant » encore est l’entraînement des aiguilles par deux longues tiges métalliques avec des renvois d’angles entre le mécanisme de l’horloge et le cadran du clocher. La dilatation ou la rétractation de l’acier provoquent des décalages, parfois importants, entre l’heure affichée et le carillon lui aussi commandé par le mécanisme de l’horloge.

Il serait sacrilège de condamner cette merveille antique au profit de mouvements « électroniques » parce que la conception et la réalisation de ces mouvements mécaniques participent aussi du génie inventif humain (voir la cathédrale de Strasbourg). Notre devoir est de préserver et d’entretenir ces merveilles qui nous sont confiées en héritage.

Note : Seule la commande des cloches des différents carillons générés par l’horloge est électrique ainsi que l’éclairage du cadran de la pendule.

Source : Gabriel Besnard

Un habitat pour les chauve-souris

L’église abrite depuis plusieurs années un colonie de chauve-souris.

En 2010, les bénévoles de la LPO Anjou ont trouvé une colonie de Petits Rhinolophes dans le clocher de l’église. Cette espèce de chauves-souris, l’une des 21 présentes dans le département, affectionne les combles chauds au cours du printemps et de l’été. A ce moment, seules les femelles sont présentes pour mettre au monde leur unique jeune. L’hiver, les Petits Rhinolophes rejoignent les caves et autres souterrains où elles trouveront des températures constantes et plus clémentes à cette saison.

Rhinolophus hipposideros (PND) (2) (Copier)Depuis 2012, la colonie fait l’objet d’une visite annuelle afin de comptabiliser le nombre de femelles présentes. Jamais très populeuses, les colonies de Petits Rhinolophes abritent rarement plus de 50 individus. Celle de l’église suit cette généralité puisque l’effectif compté le lundi 29 juin 2015 s’élevait à 13 femelles, dont au moins 7 avaient leur jeune, âgé d’environ 15 jours, bien accroché à elle. Cet effectif est le plus important comptabilisé depuis 2012 (6 femelles en 2012, 9 en 2013 et 8 en 2014). Il est probable que les femelles présentes dans ce clocher utilisent d’autres gîtes tels des combles ou des greniers dans le bourg. Les Petits Rhinolophes de Rablay sont certainement plus nombreux que ne le laisse supposer la colonie du clocher…

* LPO : Ligue de Protection des Oiseaux                                            

Source et crédit photos : Benoît Marchadour pour le Petit Echo de septembre 2015

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