Les origines

Notre contrée, couverte par la forêt du « Latay », est occupée dès les temps préhistoriques.

La découverte d’un biface acheuléen et d’une hache en pierre polie sur le site de Moque-Souris à Rablay, témoigne de la présence humaine. Les découvertes archéologiques permettent d’affirmer que la population est dense et l’activité commerciale prospère dans la région du Layon avant l’an 1000.
  A cette époque, les seigneurs de Thouarcé possèdent des terres qui s’étendent sur le territoire de Rablay. La féodalité et le christianisme favorisent la création d’agglomérations.
C’est ainsi que, vers 1080, on trouve trace d’ »Arrabletum » lors de la vente de l’église de Rablay à l’abbaye Saint Serge d’Angers. L’étymologie d' »Arrabletum » signifie lieu planté d’érables.
Les établissements religieux se multiplient. Un cartulaire datant de 1112 fait référence à un prieuré avec chapelle au lieu-dit de Doua appartenant à l’abbaye de Melinais de la Flèche.
La forêt du « Latay » est peu à peu défrichée. Les seigneurs possesseurs de terres à Rablay confient leurs biens à des vassaux. C’est alors que naissent les fiefs de Briançon, la Barangerie, la Touche, la Rabatière, Mirebeau, Doua, etc.
Les aveux fournissent de précieux renseignements. Dès le XIVe siècle, la vigne se développe et occupe la majeure partie des terres. Les droits attachés aux pressoirs, vinage et banvin sont notifiés.
Vers 1457, le village prend le nom d' »Arrablay » puis celui de « Rablay » vers 1512.

Les guerres de religion et la royauté

Au milieu du XVIe siècle, les premiers affrontements entre catholiques et protestants éclatent. Les huguenots profanent, pillent et incendient les églises. Vers 1580, la contrée est ravagée. L’église de Rablay subit alors quelques dommages.
Le calme revenu, c’est une épidémie de peste qui sévit au début du XVIIe siècle.

La viticulture

Vignes avec logeA cette époque, le vignoble prend de l’importance. A Rablay, les 3/4 des fonds sont plantés en vigne. Confrontés aux aléas climatiques, les vignerons de Rablay subissent quelques années difficiles. Celle de 1709 restera dans les annales puisque la majeure partie des ceps gèlent.Les vins des Coteaux du Layon bénéficient, malgré tout, d’une demande à l’exportation.
Les Hollandais, grands exportateurs, installent leurs entrepôts le long de la Loire. La canalisation du Layon en 1774 pour l’industrie houillère de St Georges Chatelaison facilite le transport des vins jusqu’à Chalonnes. Le canal de Monsieur possède quelques ports offrant une intense activité commerciale. L’un d’eux est  situé à Rablay au lieu-dit la Cantine.

 

La Révolution et l’insurrection vendéenne

A la fin de l’ancien régime, les idées de réformes circulent. Disette, cherté des vivres et gel des vignes occasionnent le mécontentement. Le 1er mars 1789, le cahier de doléances de Rablay est rédigé. Deux années plus tard, la constitution civile du clergé chasse le curé de la paroisse qui refuse de prêter serment.

La guerre de Vendée éclate, les habitants de Rablay se déchirent. N’adhérant pas au même parti, certains vont connaître le cachot, d’autres l’échafaud ou la mise à mort. Obrumier, ancien résidant de Rablay et juge à la commission militaire, favorise les dénonciations. Rablay sera successivement visité par les royalistes et les républicains occasionnant des dégâts.
Le canal du Layon est détruit, le vignoble abandonné et les maisons en partie incendiées.

La paix revenue, la population panse ses blessures. Ce conflit aura provoqué dans la commune une chute des habitants de plus d’un tiers. En 1793, on comptabilisait 580 habitants pour 326 en 1800. Durant tout le XIXe siècle, la situation se stabilisera pour atteindre 550 habitants.

La période moderne

Amélioration des conditions de vie

Malgré les luttes politiques, les habitants améliorent leurs conditions de vie. L’instruction, l’aménagement des routes, la création de société d’agréments, les fêtes communales et l’arrivée du chemin de fer (1884) favorisent cette mutation.

Les vignerons, qui pour la plupart sont devenus propriétaires, produisent d’excellents vins. La crise du phylloxéra qui frappe le Maine et Loire en 1883 va les consterner. Avec courage, ils reconstituent leur vignoble. Les procédés ancestraux sont abandonnés et la communauté vigneronne se structure.

Au début du XXe siècle, les vins de Rablay retrouvent leur renommée et la commune par décret du 18 août 1939 s’appellera désormais « Rablay-sur-Layon ».

 

 

 Evolution de la population au XXième siècle

La vie de la commune repose essentiellement sur l’économie viticole mais la modernisation des techniques va profondément bouleverser les habitudes. Ainsi, l’exode rural s’accélère dans les années 1950-60. Au début du XXe siècle, la population s’élevait à 620 habitants pour chuter à 537 en 1968.
Entre 1975 et 1982, on observe un retournement des courants migratoires. L’engouement des citadins pour le milieu rural entraîne la municipalité à construire deux lotissements, celui de la Brinçonnière en 1976 et les Sablonnettes en 1983.
La forte hausse de population enregistrée en 1999 (635 hab.) ne cesse de progresser puisqu’en 2005, la population s’élève à 703 habitants, pour atteindre 728 actuellement. Rablay devient donc une commune résidentielle animée par plusieurs associations telles que le Village d’Artistes, le Cercle de l’Union (boule de fort), la bibliothèque, le Festival de Rablay, etc.

En vrac :

L’électricité a été installée en 1912 dans le bourg et en 1935 en campagne. Le service des eaux date, lui, de 1947.

Dans l’annuaire du pays, on recense en 1888 : 2 cafetiers, 1 charron, 1 charpentier, 3 cordonniers, 4 épiciers, 2 forgerons serruriers, 2 médecins, 2 meuniers, 1 tailleur, 2 tisserands et 4 tonneliers…

Le chenin, cépage blanc caractéristique de l’Anjou et de tout le Val de Loire (soit 9 000 hectares), est cultivé aussi en Afrique du Sud, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Argentine, aux Etats-Unis, en Inde, en Thaïlande, au Maroc et au Mexique.

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