Un peu d’étymologie

Alors que la France était couverte de forêts, en 1087, notre village s’appelait Arrabletum, le suffixe locatif « etum », signifiant « le pays de ». Il est devenu Arrablay en 1457. Le nom de « Rablay » apparaît dans les écrits en 1536.
Erable vient du latin Acer qui vient lui-même du bas latin Acerabulus (arbre dur et pointu). A(cé)rabletum signifie bien, à l’origine, et sans aucun doute possible « lieu planté d’érables ».

Du reste, le nom de Rablay est construit comme celui de notre voisin Faye, le pays des hêtres, comme la Pommeraye, le pays des pommiers, Le May, pays des ormes, le Tremblay, pays des peupliers, Brossay, pays des ronciers, Cantenay, pays des épines, Coudray, pays des noisetiers, Cerizay, pays des cerisiers…

Le doute est « semé » par un obscur savant, persuadé que Rablay vient de « Raz blé ». Mais ce monsieur à l’imagination fertile, s’est-il déplacé jusqu’ici, voir si le blé pousse sur nos terres vallonnées, n’a-t-il pas confondu ras blé et quart de chaume ? Ouvrons les yeux …Pour ma part, Je vois trois érables de ma fenêtre, mais pas un épi de blé…

Rien à voir non plus avec le râble, qui a donné râblé (petit, large et trapu).

Quel rapport enfin peut-il y avoir entre Rabelais (l’écrivain François Rabelais), né en 1494 auprès de Chinon, et Rablay qui s’appelle déjà Arrabletum, 400 ans plus tôt ?

Aucun rapport.

Aucun rapport, vraiment ? Quoique…

Avez-vous remarqué ? à Martigné Briand, à Thouarcé, à Beaulieu sur Layon ou au Champ sur Layon, et même à Angers, la rue Rabelais, c’est celle qui mène à Rablay… Etonnant, non ? Amusante coïncidence, simplement…

Nous serions donc des « rablayens » ?

Horrible mot, imprononçable sans grimacer. Mais consolons nous, nous aurions pu être des rablayais, comme les parçayais de Parçay, ou des rablaytains comme les briollaitains de Briollay, ou encore des rabléens, comme les daumeréens de Daumeray, ou les pommeréens, voire des rablaitais, comme les maytais du May, pire, des rablois, comme les izernois d’Izernay… Tout est possible, visiblement.

Nous aurions tant aimé, tout comme les tremblaisiens, à Tremblay ou les cantenaisiens de Cantenay, mais aussi comme les parthenaisiens, les fontenaisiens, et bien d’autres…Nous aurions voulu, nous aurions beaucoup aimé être tout simplement des rablaisiens. Mot évocateur, fluide, souriant, joyeux, sympathique…

Rabelaisien, vient de Rabelais, c’est devenu un adjectif (en 1830) signifiant : « qui a la gaieté libre et truculente que l’on trouve dans les textes de l’écrivain de la Renaissance, François Rabelais, qui aime les plaisirs de la vie ». N’est-ce pas là l’exacte définition des habitants de Rablay sur Layon ?Et si, par délibération du conseil, nous oubliions « rablayen » pour devenir « rablaisiens » ? La presse trouverait là encore une nouvelle occasion de contribuer à l’image positive de notre commune.

Continuons de rêver… Et si aujourd’hui, nous redevenions vraiment, et incontestablement « le pays des érables » ?

Il existe plus de 150 variétés d’érables, de toutes hauteurs, du bonzaï au géant, de toutes couleurs avec de merveilleuses fleurs au printemps, des nuances magnifiques en automne. C’est l’arbre des haies, des parcs, des places à l’ombre fraîche, l’arbre au sirop, le bois des violons et des rabots…(Rabot, Rablay, aucun rapport, bien sûr…) Facile à semer ou à planter l’érable se plait particulièrement sur tous nos terrains argileux, calcaires ou siliceux. Il pousse vite et peut vivre cinq cents ans… Alors, si nous plantions des érables…

Et si nous inventions avec l’érable une nouvelle source d’animations, de « culture » villageoise ? Rablay, l’âme du Layon, Village d’Artistes, pays des érables. Inventaire des érables remarquables de la commune…Plantations collectives en hiver… Création d’un parcours des érables… Bourses d’échanges de graines et plants (il existe en France plusieurs collectionneurs)… Acclimatation de variétés rares… Replantation de la place des érables… Jumelage avec nos cousins québécois (sirop d’érable, coteau du layon),  … L’imagination ne manque pas aux rablaisiens du pays des érables.

Source : Gabriel Besnard